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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 19:23

crédit photo JeantetLa Mezzalama !

 

 

Avant d’être une compétition c’est surtout une aventure à partager à trois en haute montagne. L’esprit de cordée est présent tout au long du parcours et le but final de passer la ligne d’arrivée n’est possible qu’en pénétrant dans le village de Gressoney main dans la main.

Cette course unique n’est organisée que tous les deux ans et elle relie Breuil-Cervinia dans le Valtournenche à Gressoney dans le Val de Lys. Le parcours est dantesque sur 39 kilomètres de projection, plus de 3000m de dénivélation et l’ascension du castor à 4228m suivi du Naso du Lyskamm à 4272m en sont les points phares.

Je suis associé à mes amis Wilfrid Jumère et Loïc Thévin sous la banderole de l’équipe Yogi Tea Extrem. Pour eux c’est la première participation à la « Mezza ».

 

 

Nous nous retrouvons deux jours avant dans le val d’Aoste afin de nous entraîner à la manipultation de la corde à trois et surtout à acquérir les automatismes de la descente encordé. Lors d’un entraînement Wilfrid enfourche la corde et provoque la chute de l’équipe. Dans cette mésaventure il se blesse à l’épaule gauche avec une entorse de l’acromo-claviculaire. En vrai montagnard il va supporter la douleur et endurer les épisodes suivants.

crédit photo Mezzalama

 

Samedi 23 avril à 05h00 du matin nous sommes présents dans le village de Breuil-Cervinia, avec 900 autres participants à cette XXIème édition de la Mezzalama. Nous allons partir du centre ville à pied, skis attachés sur le sac, avec la musique martiale des Bersaglieri italiens en grande tenue, les commentaires experts de Sylvano Gadin et le parrainage de la championne de ski de fond Stéfania Belmondo.

 

5h30 c’est l’euphorie, nous nous élançons tous comme sur un 10km au plat, moyenne 14 km/h et pointe à 17,8 km/h sur 600m de distance avec notre équipement de skieurs-alpinistes. Nous avons répartis les charges collectives, Loïc porte la corde, Willy la pharmacie et moi le piolet. Dés que nous rejoignons la neige nous chaussons les skis dans la cohue et nous commençons la première ascension. https://youtu.be/Rp6E6xfdPtgUn incroyable feu d’artifice est tiré juste au-dessus de nos têtes et il éclaire notre chemin. Puis c’est l’effort qui débute vraiment, l’adrénaline baisse, le souffle s’amplifie, la concentration s’accentue. Nous gérons déjà un peu notre allure en raison de l’ampleur du parcours. Je compte rapidement les places et nous devons être en 15ème position environ.

 

La magie opère encore avec le sommet du Cervin sur notre gauche qui reçoit les premiers rayons du soleil aors que nous sommes encore dans la pénombre.

 

Loïc est devant, il donne la cadence et bien en ligne nous avançons pas dans pas. Après 1000m d+ nous mettons les skis sur le sac pour un premier portage sans crampons jusqu’au col de Théodule 300m d+ plus haut où se trouve le premier ravitaillement. Lors de la remise des skis je décide que nous allons nous encorder de suite pour ne pas avoir à le faire en même temps que toutes les autres équipes au col du Breithorn. Nous perdons un peu de temps dans cette manipulation où la corde ne veut pas sortir du sac de Loïc alors qu’à l’entraînement elle n’était pas récalcitrante !

L’altitude commence à se faire sentir et nous sommes maintenant au-dessus de 3300m, avec le passage à Plateau Rosa, puis direction le col du Breithorn à 3800m. Les spectateurs sont partout et dans une montée bien raide un d’eux va perdre un ski qui file droit sur moi. Je n’ai que le temps de l’éviter tout en ralentissant sa vitesse pour qu’il ne blesse personne en-dessous.

 

 

 

On atteint le col du Breithorn, mais au-lieu d’avoir gagné du temps en mettant la corde en avance, nous allons en fait en perdre beaucoup. Un contrôleur m’arrête et me dit que notre encordement n’est pas valable car les nœuds doivent être faits directement sur le baudrier et non pas sur des mousquetons comme nous l’avons fait. On saura plus tard que lors du briefing ce détail avait bien été mentionné et que nous ne l’avons pas entendu ou pas compris ? On se détache, on se rattache, on se réorganise, bref on perd des places ! Direction le Passo di Verra en descente encordée. Il commence à vraiment faire froid et j’ai les bouts de doigts très sensibles mais tout se passe bien et nous allons bon train.

 

CouvertureNouveau ravitaillement et surtout début de l’ascension du sommet du Castor. C’est grandiose, la pente est bien gelée sur la droite, la trace que nous allons prendre impressionante et nous partons vers le soleil. Mise des skis sur le sacs, la veste chaude est enfilée, les crampons aciers aux pieds, le regard fixé dans les traces nous avançons à la queue leu leu avec les équipes devant nous. Cette montée est longue de 400m d+ mais je ne la vois pas passer. On escalade les échelles de la rimaye puis on franchi la ligne de crête.

 

 

 

 

 

Direction le sommet sur l’arrête de neige parfaite, aérienne et étroite. Il fait un temps magnifique avec un vent froid mais qui a nettoyé la montagne de toute brume. Mon regard part à l’infini, j’ai envie de détailler tous les sommets qui sont à porté de vue mais lorsque je le fais trop longtemps je perds l’équilibre car nous avançons toujours vite. Je me résonne et je reviens à plus de concentration. La partie pédestre redescend jusqu’au col du Félik où nous chaussons les skis pour descendre au refuge Quintino Sella. Nous faisons cette partie prudemment sans aucune chute. Au refuge nous remettons les peaux avec beaucoup d’autres équipes pour repartir sur le glacier de Lys en direction du Lyskamm.

 

CouvertureLe souffle est court, l’altitude nous empêche d’avancer à notre vitesse habituelle de course et il faut se résigner à rester dans les traces sans pouvoir doubler les autres équipes. Cette longue traversée va durer 50 minutes jusqu’à la base du Naso du Lyskamm. Nouveau ravitaillement, remise des crampons et skis sur le sac, nous repartons pour une montée sévère et technique. Il faut fractionner souvent le passage de la longe de sécurité sur la corde fixe. Par endroit la glace est vive et quand il faut être en pointes avant les mollets deviennent vraiment durs.

 

CouvertureDans la dernière section je ressens vraiment le manque d’acclimatation à la haute montagne. Mes pas sont lents alors que musculairement je n’ai aucun soucis. Nous atteignons tous les trois ce dernier sommet de la course, puis c’est l’interminable descente sur Gressonney. Il faut utiliser toute la panoplie du déplacement en montagne pour cette partie. D’abord c’est la course à pied, puis remise des skis encordés. Une traversée en pas de patineur bien longue, descente facile sur de la bonne neige où nous allons quand même chuter une fois, puis de la neige trafolée avant de rejoindre le refuge Mantova où nous pouvons enlever la corde.

 

CouvertureNous partons maintenant librement et la vitesse augmente vite dans un premier temps, puis c’est le passage très technique du « Canal » avec de grosses bosses, peu d’espace et une belle pente.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il s’en suit un petit moment où on maudit les organisateurs qui nous font remonter en pas de patineur une longue section de 500m de distance et 40m d+. Nous poursuivons maintenant sur le domaine skiable jusqu’à ce que la neige disparaisse. Skis sur le sac nous partons à folles enjambées dans les prairies pour atteindre Gressonney. On se réorganise un peu juste avant le portique final et nous franchissons main dans la main cette ligne d’arrivée tant convoitée qui nous désigne « finishers » de la Mezzalama 2017 ! Nous nous congratulons chaleureusement, heureux du voyage que nous avons fait ensemble, heureux des paysages traversés, heureux de faire partie de cette grande fête du sport et heureux de vivre.

Nous échangeons quelques mots au micro de Sylvano Gadin, qui lui à fait la traversée de Cervinia à Gressoney en voiture et qui est frais comme un gardon, puis on s’étend avec plaisir sur la pelouse de l’aire d’arrivée avec les autres concurrents déjà arrivés.

 

 

 

 

Pour la petite histoire, nous sommes 27ème au classement scratch, mais c’est vraiment anecdotique, car ne pouvant jouer les premières places, la seule chose importante sur cet évènement, c’est d’avoir pris du plaisir dans le partage et en haute montagne.

Vive la Mezzalama, vive le ski-alpinisme et chapeau bas à tous les concurrent de cette belle édition  !!!

Crédits photos: Mezzalama, Skialper Jeantet et notre accompagnant.

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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 16:29

Cela faisait plusieurs années que je lorgnais du côté de la vallée de Rhêmes dans le Val d’Aoste Italien, pour participer au Troféo Rollandoz, une des belles compétitions de cette région. Avec un déplacement en famille, la présence de mes amis Stéphane et Valérie Raibaut et le beau temps annoncé, je n’ai pas laissé passer l’occasion cette année.

Le parcours au départ de Rhêmes-notre-dame fait 2052m d+ avec 3 montées et va nous emmener vers la tête de l’Entrelor.

Départ original depuis le village, ski en main avec une course de 300m avant de pouvoir chausser. Au start je sprinte derrière Valentin Favre, membre de l’équipe de France et gand favoris, qui a fait le déplacement en Italie. J’arrive bien placé pour chausser les skis mais je me rate un peu sur mon ski gauche, une habitude, avant de relancer en 6 ou 7ème position. Je donne un bon coup d’accélération pour me placer en seconde position, déjà décroché par Valentin qui va vraiment trop vite. Nous partons alors pour une bonne séance de technique, dans un bois assez raide, où il nous faut également doubler en permanence des concurrents attardés des trois autres départ de course ayant été donnés avant celui de la grande course. Je trouve que ce n’est jamais une bonne idée de faire partir d’abord les parcours moins longs, avec des concurrents moins aguerris. Assez rapidement je suis dépassé, puis lâché par Castagneri Stefano et Grosjacques Henri, deux italiens qui sont du même club et qui vont faire la course ensemble. Puis c’est au tour de Roncoroni Mattia de ma distancer, mais c’est avec Oddone Pierre, un fort coureur local, avec qui vais batailler pendant plus de deux heures. Il est très puissant et il me distance dans les parties les plus pentues, mais avec abnégation j’arrive à recoller quand on peut mettre plus de rythme de jambes. Cette première ascension est longue avec prés de 1200m d+ et finalement j’arrive à le distancer de quelques longueurs. On continue d’ailleurs à doubler une somme impressionnante d’autres concurrents des parcours précédents. Au dépautage je décide de gérer un peu la descente dans la neige croutée, pour garder de la force musculaire pour l’ascension qui suit. Du coup Oddone me rejoint au repautage et nous partons skis dans skis. Cette montée lui convient bien car elle est raide et je perds une trentaine de mètres que j’arrive à stabiliser dans la partie terminale. La descente qui suit n’est pas difficile et je ne perds pas trop de terrain. La troisième et dernière ascension commence par un portage des ski pour monter dans un petit bois bien pentu. Sur cette section j’arrive à revenir un peu sur lui et lorsque nous chaussons les skis je suis à 10 mètres de lui. Très motivé et dans une bonne condition physique, je le rejoints puis sans attendre je l’attaque immédiatement. Il n’arrive pas à répondre à mon accélération et je reste sur un tempo élevé en courant pendant 100m de dénivelé. Nous arrivons alors sur une belle crête qu’il nous faut parcourir à pied pendant 550m de distance. Je cours en permanence et je fais le trou. Pour la dernière descente je décide de prendre des risques et je laisse aller mes skis au maximum dans les parties rapides. Je négocie bien un long passage technique dans le bois qui nous ramène vers l’arrivée, où s’enchaînent les virages autour des arbres. Je passe enfin la ligne d’arrivée en 5ème position et en remportant la catégorie Masters assez largement, ne laissant le 4ème place du général que pour 20 secondes. Satisfait de ma course, heureux d’avoir pratiqué mon sport dans un écrin magnifique du Val de Rhêmes la journée est parfaite. D’ailleurs le feu d’artifice s’amplifie avec la victoire au scracth de Valérie Raibaut chez les féminines et la super place de Stéphane qui finit 18ème au général et 3ème Masters. Le grand vainqueur du jour reste Valentin Favre qui l’emporte avec beaucoup d’avance sur le second.

 

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 13:19

Avec mon changement d’emploi du temps, lié à mes nouvelles activités professionnelles, j’ai fais le choix de privilégier cette saison, les courses à « Titres ».

C’est ainsi que se présentent les championnats de France par équipes 2017 de ski-alpinisme, dont l’épreuve support se trouve être le « Grand Béal » dans le massif du Queyras. C’est une course que j’affectionne particulièrement car elle est organisée par une volonté locale des habitants des villages d’Arvieux, de la Chalp et de Brunissard. De plus l’accueil et l’ambiance sont toujours excellents.

Pour la sixième année consécutive je vais courir avec mon ami et coéquipier Wilfrid Jumere, avec qui nous sommes détenteurs du titre des cinq dernières années dans la catégorie vétéran. Willy est un super compétiteur et il représente à la fois mon meilleur équipier et mon plus féroce adversaire lorsque les courses sont en individuelles.

Malgré des conditions météo à nouveau défavorables avec une belle chute de neige, le parcours prévu par les organisateurs est conservé en majorité et nous allons évoluer sur 22 kilomètres avec 2210m d+ et 7 montées dont deux portages.

Nous sommes décidés à conserver notre titre en catégorie vétéran et nous choisissons de ne pas prendre trop de risques car normalement nous avons suffisamment de marge par rapport à la concurrence. De fait le classement au scratch est cette année moins mis en avant pour nous.

Le départ est donné depuis Brunissard et c’est un peu la cohue, car tous les parcours s’élancent en même temps. Nous sommes ainsi mêlés aux jeunes des catégories cadets et juniors, qui avec leur vitesse de pointe restent toujours en tête quelques centaines de mètres. Je me câle dans les skis de Willy afin de rester bien en ligne et de nous protéger des chocs ou casse de bâton avec les autres concurrents, sur une première portion où nous empruntons une piste de ski de fond avant de bifurquer en pleine montagne. Dés les contreforts raides et difficiles à appréhender avec la neige fraîche déposée au sol sur une couche de neige gelée, nous nous positionnons en 8ème place. Derrière nous le trou se forme assez vite et nous n’avons de pression particulière. Bien dans le rythme derrière l’équipe des jeunes espoirs de Jonathan Battuz, tracté par un très fort Will Juillaguet, nous sommes également en contact avec les 6ème Yann Pollet-Villard et Thomas Pueyo. Nous recevons au passage les encouragements d’Olivier Bagnères, notre team manager d’Atma-ski. Merci à lui pour l’aide qu’il nous apporte.

Les 3 premières montées et descentes vons ainsi se dérouler sans problème. Pour ma part je suis vraiment à l’aise au niveau cardiaque et musculairement je résiste bien à la difficulté des conditions neigeuses.

Pour la 4ème ascension nous partons pour une longue montée vers le sommet de la crête de Ballard, qui va se terminer par joli portage des skis. Dès le début de la montée je perds une peau. Je m’arrête et la remets assez vite, j’essaye de combler le trou qui s’est maintenant formé avec les équipes à l’avant, mais je perds l’autre peau ! Avec des peaux sêches je peux tenter de recoller en me donnant à fond, mais maintenant c’est au tour de Willy de perdre une peau, puis la deuxième également. La malchance n’en fini pas là puisque Willy n’arrive plus à rechausser un de ses skis dont la butée avant s’est bourrée de glace. Enfin au bout de longues minutes nos soucis semblent derrières nous, mais l’écart avec les deux équipes devant nous est trop important pour être comblé normalement. Heureusement que nous avons de la marge avec les autres équipes de vétérans !

La suite du parcours est très esthétique et je prends le temps de savourer lorsque je le peux. Willy est aussi très à l’aise. Le seul moment un peu délicat va se dérouler sur l’avant dernière descente où nous partons dans un épais brouuillard cumulé à la chute de neige et où nous perdons un court instant les balises rouges de direction. Un petit arrêt pour faire le point, puis nous retrouvons notre chemin.

C’est sans anicroche que nous finissons la course en remportant le titre de champions de France par équipe vétérans pour la 6ème année consécutive. Au classement général toutes catégories nous prenons finalement la 7ème place, car Will et Jonthan vont être pénalisés pour un problème technique et être classés juste derrière nous.

Décidément avec Wilfrid nous avons placé la barre assez haute et il sera difficile à un autre couple de coureurs de venir égaler notre nombre de titres consécutifs !

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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 14:39

A chacune de mes participations à la Tre Rifugi c’est un pèlerinage que je réalise en terre italienne. Toujours la même joie de faire le voyage, de découvrir un nouvel hôte, de revoir les coureurs transalpins que je connais et l’enthousiasme de Giorgio Colombo le pilier de l’organisation.

Même si le côté populaire de l’épreuve et le fait quelle soit maintenant parcourue en individuel et non plus en équipe afin de recevoir également une manche de la coupe du monde ski-alpinisme du Mondolé Ski Alp a modifié le format, la convivialité reste de mise.

Après une bonne nuit dans un B&B de Frabosa Sottana, je rejoins Prato Nevoso pour le départ. Comme toujours les Italiens sont d’abord des compétiteurs et la tension de course se ressent pendant l’échauffement. Les coureurs de la coupe du Monde se sont élancés 30 minutes avant nous sur l’exact parcours que nous avons à faire. Le temps est vraiment maussade et il a plu toute la veille. La neige est détrempée et le brouillard bien présent pour un évident un parcours de repli.

Dés le départ le jeune champion local Marco Testino s’échappe rapidement avec la fougue de sa jeunesse. Je suis d’abord en septième position, mais la pente raide va m’aider à repasser à la seconde place à une trentaine de mètres derrière le leader. L’effort est violent et je dois rester en intensité maximale pour ne pas le laisser s’échapper. Après 250m d+ nous mettons les skis sur le sac pour un portage d’abord montant puis descendant. Je suis à fond et l’écart se maintien. Nous remettons les skis pour 100m, puis c’est la première descente sur une neige savonneuse avec des bourrelés détrempés, puis gelée dans un mur de bord de piste avec des chicanes délicates. Du reste le parcours empruntera cette descente à trois reprises !

Au repautage nous nous trouvons mêlés à la tête de course de la coupe du Monde femmes et hommes. C’est ainsi que allons faire une montée de 360m d+ en évoluant au milieu des skis des 10 meilleurs hommes et de Laetitia Roux, que je prends soins d’encourager au passage. Dans un mur très raide où même les cadors ont du mal à progresser, je reviens sur Marco Testino, je le dépasse et je prends une trentaine de mètres d’avance sur lui. Mon cardio est au zénith et pourtant il n’y a pas de soleil ! A la bascule sommitale nous changeons de direction par rapport aux coureurs de la coupe de monde et c’est une descente facile mais peu glissante sur une neige qui se confond parfois avec un petit ruisseau. La montée qui arrive ne me convient pas du tout, c’est long et plat en mode pas alternatif de ski de fond. Marco revient fort sur moi et nous entamons la descente suivante ensemble. Au repautage je repars devant je mets le turbo. L’effort est maximal, la bouche et les narines ouvertes en grand pour inspirer le maximum d’oxygène. Je travaille techniquement mes pas au mieux pour être efficace. Je ne peux pas aller plus vite et Marco reste toujours à une vingtaine de mètres derrière moi. Nous reprenons le parcours de la première descente et mes cuisses sont dures comme du bois en raison de l’effort consentit peu avant. Marco me double et nous repautons à nouveau dans le même mouvement pour faire une deuxième fois le montée difficile de 360m d+. Je sais que c’est le moment de tout donner pour essayer de le distancer. Je force à fond sur mes bâtons dans les parties très raides où les peaux ont du mal à accrocher. Je relance au mieux dans les courtes traversées, puis dans un passage vraiment ardu j’arrive enfin à prendre dix mètres d’avance. Je suis survolté dans la douleur extrême et je pense pouvoir m’échapper ainsi. Mais rien y fait le jeune homme parvient à trouver les ressources nécessaires pour que la distance ne s’accentue pas. Il doit souffrir autant que moi, mais nous n’en laissons rien paraître extérieurement. Dans la descente qui suit nous partons dans un brouillard épais et Marco intelligemment se sert de moi pour anticiper un passage délicat où il me double avec une vitesse suffisante pour prendre de l’avance et disparaître de mon champ de vision. Au repautage pour une nouvelle montée il me distance de 20 secondes. Il met un tempo d’enfer et je ne peux pas rivaliser. Je n’ai pas encore capitulé car je sais que tout est possible dans une course, mais pour la fin de l’épreuve il ne reste que deux sections de montées courtes avec des passages de pas de ski de fond qui ne sont décidément pas à mon avantage encore une fois. Marco s’échappe inexorablement et je vais franchir la ligne 1 minute après lui. Sur ces relances en petite montées, je ne suis vraiment plus performant et c’est la réalité de mon âge qui s’oblige.

Je suis vraiment décu car j’ai espéré remporter cette course de la Tre Rifugi et je vais me contenter de cette deuxième place au général, agrémentée d’une victoire en catégorie Masters.

C’est une belle bagarre que j’ai livré avec Marco Testino aujourd’hui et nous n’avons pas eu affaire aux autres concurrents qui même s’ils ne sont pas très éloignés au temps, n’ont pas été en mesure de venir se mêler à nos skis.

Le repas très bien organisé m’a permis de nouer des liens avec d’autres coureurs français venus de la région niçoise, puis une remise des prix généreuse a clôturé cette journée de compétition.

Le retour à la maison se fera sous la pluie puis la neige, histoire de rester concentré !

Viva l’Italia.

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 16:23

Winter Vertical race de Limone dans le Piémont Italien, une nocturne un peu atypique !

Après 2 mois de sevrage de compétition et très peu d’entraînement, il est vraiment temps de revenir prendre un dossard et le départ d’une course. Avec le peu de temps libre que j’ai eu ces derniers temps, je décide d’aller poser mes spatules chez nos voisins Italiens pour une compétition nocturne avec un format original de 2 montées et 2 descentes sur un dénivelé total de 630 m D+ et D- pour 7 km de distance.

Comme toujours en Italie, les concurrents ne sont pas venus pour faire de la figuration et c’est 50 coureurs aguerris qui se présentent sur la ligne de départ, avec en tête Filippo Barazzuol, membre de l’équipe d’Italie et récent 4ème à la Pierra Menta.

J’ai du mal à me décider pour le choix des peaux, car il a fait très chaud toute la journée et le regel n’est pas encore trop fort. Finalement je fais un choix moyen entre retenue et glisse, qui ne va pas se montrer payant.

Au start je suis bien positionné et je prends la 2ème position derrière Filippo, mais dans le premier petit mur, la neige est vraiment trop regelée et je perds l’adhérence. Je tombe en avant et je recule immédiatement vers la 15ème place. Le terrain qui suit est relativement plat et comme ma glisse est moyenne je perds inexorablement du terrain. En plus mon cardio ne monte pas et je ne suis pas dans le rythme. La situation n’est vraiment pas parfaite.

Enfin un vrai changement de profil et une montée plus raide va m’aider à faire démarrer la machine. Le cardio remonte et ma position dans le peloton aussi. Je suis maintenant 5ème. Filippo est devant 3 italiens regroupés. Moi je reste à distance de 40 secondes environ et j’ai 4 concurrents accrochés à mes basques. Les sensations sont toujours drôles dans ces nocturnes, avec peu de repère sur l’avant de la course et la lumières des frontales de mes concurrents arrières qui m’éclairent plus ou moins en fonction du mouvement de tête. Je suis bien concentré sur mon effort et je reste bien en limite de ma fréquence cardiaque sans trop en rajouter pour ne pas ralentir. Au sommet de la première montée je bascule dans le noir total, car les 4 premiers sont trop loin pour que je puisse bénéficier de l’aide de leurs lumières. Ma surprise est grande quand je m’aperçois qu’il n’y pas de balisage ni d’éclairage dans cette descente de 480m de dénivelé. En effet les organisateurs n’ont pas eu le temps de venir allumer les flambeaux et je descends totalement au filling en espérant être sur la bonne trajectoire et dans la bonne direction. Lors d’un premier mouvement de terrain important, je sors de la piste damée et je me récupère tant bien que mal, puis peu avant l’aire de repautage je me trompe complètement de direction et je dois revenir sur mes pas. Ainsi 4 adversaires vont me doubler sur cette erreur. Au repautage qui suit je suis bien véloce et je repars devant eux, mais ils restent bien accrochés dans mes pas. Sachant qu’il ne reste que 170m D+ je me mets au pas de course et je donne ce qui me reste d’énergie. Ainsi un seul d’entre eux va m’accompagner pour la dernière manipulation et la bascule vers la ligne d’arrivée. Dans le noir total je laisse filer les skis et je vais même faire une pojnte de vitesse à 95,4 km/h ! mon poursuivant n’aura pas cette audace et il va perdre plus de 15 secondes sur moi. Je franchis la ligne à Mac12 en 5ème position au classement général et 1er Master.

J’ai bien profité de cette compétition pour « décalaminer » mon moteur, mais cette course est quand même un peu osée quand on voit la vitesse atteinte dans les descentes de nuit sans balisage ni éclairage. Les locaux qui connaissent bien leur terrain étaient plus à l’aise !

Comme toujours dans cette région italienne, tout se fini par une bonne pasta partie et une remise des prix joyeuse et conviviale.

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 19:03

Voici passé un de mes objectifs prioritaire de la saison de ski-alpinisme. Les championnats de France individuels représentent le format de course à titre national le plus important de ce circuit. Déjà trois fois vainqueur en catégorie vétérans, dont les deux dernières éditions j’espérai vraiment pouvoir réaliser le « Hattrick ».

Une préparation au top depuis le mois d’octobre, avec un pic de forme qui devait tomber le 14 janvier, j’ai vu ma confiance s’effondrer fin décembre avec une grippe comme je n’en ai jamais eu. Fièvre énorme, cloué au lit, des courbatures de folie et en plus l’organisation du « Défi du Sauze » à assurer dans ces conditions. Du coup j’ai passé une semaine complète totalement affaibli et j’ai du passer la semaine précédent les championnats à essayer de récupérer physiquement sans forcer. Pas terrible pour s’aligner au départ !

Quoi qu’il en soit samedi matin j’étais présent à Méribel.

 

Forte chute de neige pendant les deux jours précédents avec 40 cm de « fraiche », ciel très encombré le matin et une visibilité pas géniale, voici nos conditions pour la bataille !

Sur la ligne de départ les vétérans sont tous très motivés puisque nous occupons une bonne partie de la première ligne au contact des membres de l’équipe de France. La course s’annonce nerveuse avec 6 montées et descentes dont 2 portages, pour 1700m D+.

 

Au start nous partons assez vite dans des murs raides, ce qui m’arrange car je sais que je n’ai pas beaucoup de rythme. Au tempo j’arrive à m’accrocher dans le groupe de tête jusqu’à ce que nous partions hors piste dans deux traces profonde. Je n’arrive pas à accélérer et je trouve déjà miraculeux de ne pas voir un autre vétéran devant moi, puis je suis dépassé juste avant la première descente par David Poncet que je m’empresse de redoubler dans la descente et de repartir avant lui au repautage pour la seconde montée.

Wilfrid Jumère, mon ami, coéquipier des courses par équipe et plus dangereux adversaire est dans mes skis et je pense alors qu’il va me dépasser et attaquer. Finalement il reste dans mes traces jusqu’à la descente. Nous repartons alors pour deux montées plus sévère de 400m d+, avec plus de technique et qui se terminent par un portage des skis sur une petite arrête. Je décide de plus penser à ma forme physique du jour et uniquement grâce au mental j’accélère mon allure.

Immédiatement je reviens sur les autres concurrents qui étaient un peu devant moi et je recolle à Franck Asserquet dans le premier portage. La descente qui suit se passe avec peu de visibilité et une neige piégeuse à souhait, que je négocie assez bien. Une bonne manipulation pour remettre les peaux et me voici dans cette seconde grande montée. Je vois que j’ai fais un peu l’écart avec Wilfrid, mais je ne m’en occupe pas et je regarde la course devant moi. C’est dur physiquement mais je suis sur-motivé en voyant que je reste en tête de ma catégorie. Tant pis pour les douleurs et le manque de relance, je donne tout ce qu’il est possible pour avancer le plus vite. Je me contente alors d’assurer un peu les descente pour ne pas casser de matériel et les deux dernières courtes montées sont un formalisme. Je franchis la ligne d’arrivée en 26ème position au scratch et je gagne à nouveau chez les vétérans. Je suis ravi, m^me si cette course est forcément incomplète vu ma forme et que j’aurais sans doute mieux figuré avec toutes mes capacités.

Le ski-alpinisme est un sport souvent un peu frustrant car il est difficile de réunir tout le temps tous les paramètres qui le compose, que ce soit le physique, la technique, le mental, le matériel, les conditions nivologiques, la météo, les faits course et la chance. Je pense que sur cette course, Alexis Sevennec qui jouait pour la victoire finale au scratch et qui mal orienté par un bénévole est parti sur le parcours des cadets, en sait quelque chose. Heureusement que c’est un garçon très positif dans la vie et qu’il a su absorber sa déception pour devenir vice-champion de France de sprint le lendemain matin !

En ce qui me concerne je reste encore surpris d’avoir remporté le titre des vétérans cette année et je pense que mes concurrents n’étaient peut-être pas au top non-plus ce jour là. Le podium final me donne vainqueur devant Wilfrid Jumère et Lionel Claudepierre.

 

Grâce à mon résultat je suis également qualifié dans l’équipe de France militaire de ski-alpinisme qui va représenter la France lors des Jeux mondiaux militaires d’hiver qui vont se dérouler du 22 au 28 janvier 2017 à Sotchi en Russie. Malheureusement ma nouvelle vie et la reconversion qui en découle m’empêchent d’honorer cette sélection et c’est le cœur vraiment lourd que je cède ma place. Il en est ainsi de la vie et le temps qui passe est inexorable.

Merci à Méribel sport montagne et ski&run pour les photos.

Les résultats : http://www.ski-alpinisme.com/resultat/2017/Cht-France-Meribel-A.pdf

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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 13:48

Lancement de la saison des compétitions de ski-alpinisme avec un début dans le vif du sujet. N'ayant pu m'aligner au départ des premiers rendez-vous de l'hiver, je dois me présenter à ces championnats de France de VR sans avoir endossé un dossard , ce qui ne plais jamais, car pour être immédiatement dans la bagarre il est toujours préférable de s'être testé avant.

Les conditions de course sont parfaites et l'échauffement se fait sans contrainte. Seul bémol, je ne me trouve pas un "jus" extraordinaire, mais ce n'est jamais totalement révélateur de l'état de forme.

Au départ j'ai la surprise de me retrouver placé dans les 12 places réservées en première ligne, qui sont attribuées en fonction du classement national, avec au moins 3 absents me voilà installé confortablement.

Au start je reste, comme souvent en raison de mon âge, un peu collé à la neige et je suis vite doublé par un bon nombre de concurrents, souvent des très jeunes pleins de "sang" ! Je sais qu'il faut pourtant être bien placé pour la première partie de course qui a la particularité d'emprunter une trace étroite pendant 50m de d+ qui ne va pas favoriser les dépassements. Du coup je suis un peu bouchonné et au lieu de perdre de l'énergie je reste dans les pas des concurrents qui me précèdent immédiatement. Lorsque nous reprenons les pans damés, je me fais super violence et je monte le régime au maximum pour me replacer. J'aperçois alors Julien Poquet un peu devant et je décide de vite me mettre dans ses skis, car je sais que son niveau dans l'exercice est proche du mien. Dans sa foulée je retrouve un rythme soutenu mais facile à suivre. Nous remontons des concurrents sans jamais nous faire dépasser, ce qui est très bon signe et me rassure sur la qualité de l'allure. Une section bien raide va vite me faire monter dans les "tours", mais je résiste bien. Le mental va bien, même si je vois que Florent Perrier, un de mes principaux adversaire au classement de la catégorie vétéran, à pris les devant dans une allure que je ne peux accrocher.

Au taquet, mais motivé la montée se passe bien, avec des changements de d'allure et des relances, puis nous revenons sur des juniors partis très forts. Nous nous trouvons alors dans une section très raide dans le dernier tiers du parcours. Pour les doubler et récupérer la meilleure ligne, Julien monte encore le régime, ce qui associé à la forte pente, m'oblige à monter le cardio au zénith. Je soutiens le mal atroce quelques mètres, mais je suis obligé de laisser filer Julien et je décide de temporiser un moment pour retrouver une bonne stabilité physiologique. Assez vite je retrouve mes moyens et je commence à revenir légèrement sur Julien qui se trouve à une distance maintenant trop importante pour espérer le recoller avant la ligne d'arrivée qui se profile maintenant rapidement. J'entends le speaker commenter l'arrivée des premiers, mais j'ai du mal à me situer exactement dans la course. Je donne tout ce que j'ai avec les encouragements de Patrick Rassat, l'entraîneur de l'équipe de France, qui ne manque pas de me demander de corriger ma position de buste, qui c'est vrai, c'est un peu avachie vers l'avant dans l'effort. La fin de course emprunte un pif-paf bien raide, dans lequel je lance mes dernières forces. Julien Lodolo, placé juste dans mes skis depuis un bon moment, fait le sprint final, auquel je ne peux répondre. Avec le temps mon cardio tamponne plus vite et ce jeune arrive lui à monter encore très haut ! C'est la vie.

Au final je termine 19ème toutes catégories et je suis à nouveau, sur ce format, vice champion de France vétéran (c'est ma 5ème médaille d'argent en vertical race et le seul titre qui me manque  !). Le podium est complété par Yohann Caillot, toujours redoutable sur ces montées verticales pour lesquelles il présente de belles qualités.

Un grand bravo au vainqueur Xavier Gachet, qui devance mes champions préférés que sont Mathéo Jacquemoud et Aléxis Sevennec.

Une mention particulière pour mes "poulains" que je coach depuis peu et qui font une très belle prestation. Le travail paye rapidement quand il est fait avec sérieux et ils se reconnaîtrons !

 

 

Les Résultats : http://www.ski-alpinisme.com/resultat/2017/Cht-VRtignesScratchA.pdf

 

Crédits photos : ski&Run et Vincenzo Infante

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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 18:21
Ski écrins alpinisme 2016

Une très belle course quand même !

Les conditions météo défavorables de la semaine n'ont pas permis aux organisateurs de nous proposer la traversée aller retour qui relie Puy St-Vincent à Orcière-Merlette par les zones sauvages et d'altitude du massif des écrins et c'est ainsi que je vais faire équipe avec Willy sur un itinéraire de replis pour les deux jours de compétition au départ de Puy St-Vincent. Ce changement de programme va dissuader un bon nombre d'équipes à faire le déplacement et nous ne serons que 26 tandems à nous présenter au départ. Seules 5 équipes semblent pouvoir se disputer la victoire avec pour grands favoris Gary Ozeret et Steven Blanc.

Ski écrins alpinisme 2016

Le samedi le départ est donné depuis le hameau de Narreyroux pour un parcours de 2020m d+, 5 ascensions, 5 descentes et 4 portages. Le temps est maussade, couvert et l'air bien humide, mais la zone de départ va nous redonner le sourire puisque c'est la première fois que nous allons partir depuis l'intérieur d'un parc à moutons en bois !

Dès le start nous sommes trois équipes à prendre les devants, les favoris bien sur, notre équipe, puis un duo composé de Thomas Pueyo associé à un fort coureur Slovaque Peter Volnar. La première montée longue de plus de 1000m d+ va nous étirer un peu et nous prenons tous des écatrts d'environ 1 minutes. Au col du Bal nous sommes dans la couche nuageuse et le beau panorama des lieux ne se présentera pas à nous pour tout le reste de la course. Après une belle descente nous repartons pour une montée de 600m d+ dont la moitié va se faire dans un couloir avec portage des skis. C'est long et raide. Les écarts grandissent toujours un peu et nous sommes en sandwich en deuxième position. Tout va bien mais nous ne pouvons pas accélérer plus. Du reste, ce n'est pas dans les parties ascensionnelles que nous perdons du temps, mais dans les manipulations et les descentes. Il s'esnuit une belle séries de portages courts et de descentes aux abords d'une crête qu'on imagine assez vertigineuse du côté sud. Nous partons maintenant pour une superbe descente avec une neige extra composée de 5 cm de neige fraîche posée sur un fond dur. Nous la faisons à « blend » ! puis une courte montée et c'est l'arrivée. Comme prévu nous sommes deuxième à 4'35 des premiers et devant les 3ème avec le même écart.

Ski écrins alpinisme 2016

Dimanche matin les conditions sont tout autre, il fait beau avec un bon regel nocturne. La première montée de 1100m entrecoupée d'une courte descente, se passe sur une piste maintenant fermée du domaine skiable. La neige est gelée et la retenue des peaux médiocre. Il faut appuyer fort sur les bâtons. Nous prenons les devants et nous imposons un rythme soutenu en espérant qu'un des équipier de l'équipe vainqueur la veille va lâcher prise. Mais non, nous finissons cette montée tous les quatre ensemble, avec Thomas Pueyo, qui devra attendre quelques une minute sont coéquipier un peu en retard. A la manipulation nous perdons le contact et repartons avec un décalage sur une arrêté magnifique qui surplombe le Vallon du Fournel, haut lieu de la cascade de glace, jusqu’au col du Bal.

Ski écrins alpinisme 2016

Descente sur une moquette trois étoile, puis le parcours sauvage dans la partie supérieure du Vallon de Narreyroux s'enchaîne jusqu'à un portage où nous regagnons un peu de terrain sur l'équipe de tête, mais nous n'arrivons pas à faire la jonction. A nouveau les manipulations et la longue descente qui arrive nous font perdre du terrain et nous passons la ligne d'arrivée avec 2'05 de retard.

Ski écrins alpinisme 2016

La forme était là pour cette dernière course de l'hiver en équipe avec Willy. Nous sommes ravis de cette deuxième place, du beau parcours de repli offert par les organisateurs et les bénévoles méritants du Team Ecrins Hautes-Alpes et de notre super saison partagée avec des victoires, des déceptions, de la sueur et de l'émotion.

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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 15:53
Millet Tour du Rutor Extrem

Avec Wilfrid Jumère, nous nous présentons à ce 18ème du Rutor, mais qui est pour nous notre première participation à cette compétition mythique du circuit de la Grande Course et de la Coupe du monde de ski-alpinisme. Les parcours pour les trois jours, sont proposés au cœur de la superbe région d'Aoste dans le Valgrisenche et notre pied à terre à Arvier est parfait avec la convivialité des transalpins.

Millet Tour du Rutor Extrem

La première étape va nous mettre immédiatement dans le bain, avec plus de 2600 d+ et presque 27km de projection. Au petit matin on ressent l'effervescence générale déjà observée lors du briefing de la veille et les 352 équipes sont prêtent à en découdre. La météo est mitigée et l'air plutôt humide. Pour que le départ se passe bien les organisateurs sont obligés d'installer trois zones espacées chacune d'une trentaine de mètres, afin que les coureurs s'y installent. Au start on part tous comme des fusées, les skis s'entrechoquent, les bâtons sont tenus un moment en l'air pour ne pas les casser, on joue des coudes pour s'imposer à un adversaire, puis à un autre, on s'infiltre dans chaque espace laissé libre, c'est dément ! Encore une fois le matériel me fait des siennes, lors de l'impulsion de départ la crémaillère de ma sangle de serrage du coup de pied de la chaussure gauche se casse net et je vais devoir réaliser tout le parcours avec un pied libre, la neige qui entre dans la coque et une tenue plus que moyenne pour les descentes. Justement, une courte descente avec les peaux, un portage des skis à la main pour une traversée de route, un repautage rapide et les guerriers repartent pour une montée très raide, du style vertical race, afin de rejoindre un bout de piste forestière, puis enfin la montagne. Nous sommes bien placés et nous tenons un rythme élevé, sans concession, car les autres équipes ne sont pas décidées à se faire distancer.

Millet Tour du Rutor Extrem

Un beau couloir avec les crampons et nous basculons au sommet de cette longue montée aux alentours de la 25ème position. La descente est délicate avec un passage final en forêt rock&roll avec une neige des plus mouillée et mon pied qui flotte à merveille dans ma chaussure cassée ! Nous repartons pour une nouvelle ascension très longue et qui commence par une piste où nous faisons plus du ski de fond que du ski-alpinisme pendant 3,5 kms. Nous sommes toujours bien en rythme et je me cale dans les skis de Willy qui excelle sur ces parties de glisse. Nous gagnons deux places, puis nous basculons pour une nouvelle descente piègeuse où il faut rester concentré. D'ailleurs deux équipes vont nous doubler, puis chuter lourdement et nous arriverons au bas avant eux. Une courte remontée et une petite descente finale pour passer la ligne en 23ème position, dans un mouchoir de poche avec 8 autres équipes et notamment une densité incroyable de français dans cette tranche du classement.

Millet Tour du Rutor Extrem

C'est ainsi que pendant trois jours nous allons surtout ferrailler avec Greg Bombardo – Jérémy Loret, Sylvain Montagny – Ronan Moallic et Florent Besses – Julien Brottet. Ce sont tous de veilles connaissance des courses françaises et fil du temps nous sommes tous relativement complices mais compétiteurs avant tout !!!

L'après course va être compliqué pour mois, avec un court massage raté d'une élève Kiné italienne, la priorité suivante de faire réparer mes chaussures et une erreur sur l'horaire prévu du briefing de la journée suivante. Au final, pas de repos et une bonne fatigue d'aller et venue.

Millet Tour du Rutor Extrem

Deuxième étape avec un départ à nouveau depuis Valgrisenche Mondange, comme la veille et un parcours très difficile de 5 montées, de portages et de descentes avec une météo délicate faite de pluis , de neige, de vent et de brouillard parfois bien épais. Les fauves sont lâchés en direction du lac de Beauregard. Nous traversons une partie du barrage et une montée bien raide à pied, avant de rechausser les skis. A ce moment là je suis scotché au sol. Une énorme fatigue s'empare de moi et mon énergie pourtant bonne avant le start s'évade complètement. Je me renferme immédiatement dans mes pensées pour accepter la douleur de l'effort. Mon allure baisse continuellement, alors que Willy semble dans une forme bonne forme.

Millet Tour du Rutor Extrem

L'ascension me paraît interminable et elle se termine par un portage des skis sur une arrête aérienne et mixte. Les rochers bien arrosés sont hypers glissants, le vent glacial et la visibilité pas folichonne. Une descente assez courte où il faut rester très disponible physiquement pour absorber les mouvements de terrain que nous ne voyons pas, puis nous partons pour une nouvelle montée. Elle est raide, bien raide sur une glace recouverte d'une fine pellicule de neige fraîche. Avec la fatigue je rate régulièrement les conversions qui s'enchaînent les une derrière les autres, puis nous mettons les skis sur le sac pour remonter un couloir où mon physique est à plat. La volonté reste là et me pousse jusqu'au sommet où nous partons pour une descente dans une purée de pois. L'écran de mon masque est de mauvaise qualité pour ces conditions, mais je n'avais pas pu le tester dans ces conditions cette saison. Heureusement j'arrive à fixer Willy et à le suivre à distance.

Millet Tour du Rutor Extrem

Une petite remontée et c'est l'arrivée, que je passe bêtement avec les idées noires et un mauvais réflexe envers Willy à qui je reproche de ne pas m'avoir assez soutenu dans la difficulté. Je m'en suis excusé rapidement, mais je regrette énormément mon attitude car il n'y est pour rien, mais la l’épuisement et la déception du jour ont guidé mes paroles. Nous prenons une 38ème place du jour et la 29ème au classement général.

Autant dire que je ne vais pas reproduire mes évolutions de veille, mais que je vais bien me reposer et m'alimenter pour la dernière étape.

Millet Tour du Rutor Extrem

Pour ce troisième jours le départ est donné de Planaval, petit hameau installé sur un plateau. Les organisateurs nous font partir à pied afin de traverser les habitations sur un bon kilomètre.

Millet Tour du Rutor Extrem

C'est la foire d’empoigne, nous essayons tous de passer les premiers dans les étroitesses du village et avec la masse des coureurs c'est un bruit assourdissant de chaussures qui claquent au sol. Je ne suis pas parti sur un rythme trop fort, car j'ai encore la crainte d'avoir de mauvaises jambes.

Millet Tour du Rutor Extrem

Lorsque nous mettons les skis au pied je me rends compte que nous ne sommes pas bien placés. Avec Willy nous faisons l'effort pour doubler le plus d'équipes possible dans une montée technique d'une partie forestière. Au débouché nous sommes à nouveau avec nos adversaires habituels et la bataille peut commercer. Willy survole le parcours et me prend à l’élastique que je ne la laisse pas se tendre, mais qui me donne une bonne allure. La météo est encore plus médiocre que les autres jours et le parcours prévu de plus de 2400m d+, devant nous faire passer par un sommet à 3400m est finalement rabaissé à 1700m d+. Au sommet de cette montée nous sommes bien positionnés et nous faisons le matche avec les équipes françaises de Carl Frison Roche - Greg Nantermoz et Greg Bombardo – Jérémy Loret. La passe d'arme est extra et Willy me donne un bon coup de main dans les parties raides. Le dernier couloir à pied est vraiment ardu et je donne tout ce que j'ai pour en terminer. Nous partons pour une énorme descente de 1400m d- dans un brouillard à couper au couteau. Je n'y vois rien et nous sommes bien prudents, trop prudents car nous nous faisons dépasser et distancer par Carl et Greg, mais aussi par des Autrichiens et des Suisses qui descendent à tombeaux ouverts. Malgré ma prudence je vais faire une petite faute technique qui va me faire enfourcher un de mes bâtons qui casse net. Le final se fait en pas de patineur et je ne vais pousser que sur un seul bras.

Millet Tour du Rutor Extrem

Nous passons la ligne d'arrivée finale de cet exceptionnelle course du « Tour de Rutor Extrem ». La pression redescend et la joie nous anime, avec une belle 25ème place de l'étape et nous remontons à la 26ème position du classement final. On s'est bien battus, on s'est bien soutenus et nous avons vécu des moments rares et inoubliables. Ce sport est vraiment dur mais tellement gratifiant ! Vive le ski-alpinisme et merci aux organisateurs et aux bénévoles de nous proposer de tels moments.

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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 15:52
Doucy Cîmes 2016 à Valmorel

Une course à 3 objectifs !

Cette compétition a représenté pour moi un triple défi.

Etape de la coupe de France 2016, cette course en format individuel s'est déroulée dans le massif de la Vanoise au départ de la station de Valmorel.

C'est un parcours de 1640m d+ très nerveux, alpin et technique qui nous a été proposé, avec un bel enneigement et un magnifique soleil.

Premier objectif le classement scratch sur cette épreuve.

Deuxième objectif la victoire au classement final de la coupe de France 2016 dans la catégorie vétérans.

Troisième objectif la sélection dans l'équipe de France militaire de ski-alpinisme pour la prochaine saison, avec en point de mire les jeux mondiaux militaires 2017. Pour l'occasion nous sommes 12 militaires venus des Alpes, des Vosges et des Pyrénées, tous bien décidés à ferrailler pour les places qualificatives.

Autant dire qu'il était important de bien figurer et surtout de franchir la ligne d'arrivée !

Doucy Cîmes 2016 à Valmorel

Le départ nous est donné sur une traversée ascendante jusqu'au col du Gollet, long passage en style ski de fond, très rapide et qui va bien user mon physique. Je suis sur un tempo un peu rapide mais j'ai toujours un peu de mal à me raisonner sur ces départs. J'arrive au col en 6ème position. A l'avant Yoann Sert s'est déjà détaché, puis un groupe plus compact est à ses trousses.

Une courte descente et nous entamons une remontée de 580 m d+ en face Est. Le soleil brille généreusement et je souffre un peu de la chaleur et de ma fréquence cardiaque qui est au zénith elle aussi. A l'approche d'une partie bien technique où nous enchaînons les conversions les unes derrières les autres, je marque un coup d'arrêt dans ma progression. Mon pas est lourd et une bonne fatigue générale pèse sur mes épaules. Je n'arrive plus à suivre le rythme et je vois mon ami Wilfrid Jumère s'envoler aux devants de la course avec Léo rochaix, Bastien Fleury, Gary Ozeray et Julien Poquet. Je suis maintenant rejoint par Antoine Rodriguez et Jérémy Loret. Je temporise jusqu'à la bascule pour une belle descente. Au départ de celle-ci nous voyons Yoann Sert à l'arrêt avec un ski cassé en main. Dommage pour celui qui était un leader tranquille.

Doucy Cîmes 2016 à Valmorel

Lors du repautage je sens que je peux à nouveau reprendre une allure plus conforme avec mes capacités normales, mais le mal est fait. A l'avant je suis distancé de 3 ou 4 minutes et j'arrive à peine à maintenir l'écart. Nous sommes dans une superbe montée de 530m d+ où nous pouvons nous exprimer complètement. Les conversions en pente raide, un beau portage en couloir, une belle arête mixte et une petite descente à pied ski sur le sac nous sont proposés jusqu'au sommet du Grand Nielard. Dans la montée suivante nous rattrapons Julien Poquet qui semble avoir un pépin physique et qui va finir la course au ralentit. Nous finissons cette ascension ski sur le sac, puis c'est la bascule vers l'arrivée. Belle descente un peu piégeuse par instant où il convient de rester lucide. C'est par une courte montée de 80 d+ que nous repartons pour le final. Je repaute un peu derrière Antoine mais devant Jérémy. Une seule trace est correcte et je dois m'employer énormément pour dépasser Antoine peu avant un replat. C'est un peu tard et Antoine va me régler au sprint final.

Les bras bien chargés !
Les bras bien chargés !

La course est remportée par Léo Rochaix devant Bastien Fleury qui est le premier militaire et mon ami Willy qui dans une forme exceptionnelle a bataillé pour la victoire.

Je termine 6ème du scratch, deuxième militaire donc qualifié pour l'équipe et deuxième vétéran, ce qui me permet de remporter l'édition 2016 de la coupe de France de la catégorie. Je suis satisfait de cette course qui en plus a été un vrai bonheur au niveau du parcours, des conditions météorologiques et des copains rencontrés.

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