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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 19:23

crédit photo JeantetLa Mezzalama !

 

 

Avant d’être une compétition c’est surtout une aventure à partager à trois en haute montagne. L’esprit de cordée est présent tout au long du parcours et le but final de passer la ligne d’arrivée n’est possible qu’en pénétrant dans le village de Gressoney main dans la main.

Cette course unique n’est organisée que tous les deux ans et elle relie Breuil-Cervinia dans le Valtournenche à Gressoney dans le Val de Lys. Le parcours est dantesque sur 39 kilomètres de projection, plus de 3000m de dénivélation et l’ascension du castor à 4228m suivi du Naso du Lyskamm à 4272m en sont les points phares.

Je suis associé à mes amis Wilfrid Jumère et Loïc Thévin sous la banderole de l’équipe Yogi Tea Extrem. Pour eux c’est la première participation à la « Mezza ».

 

 

Nous nous retrouvons deux jours avant dans le val d’Aoste afin de nous entraîner à la manipultation de la corde à trois et surtout à acquérir les automatismes de la descente encordé. Lors d’un entraînement Wilfrid enfourche la corde et provoque la chute de l’équipe. Dans cette mésaventure il se blesse à l’épaule gauche avec une entorse de l’acromo-claviculaire. En vrai montagnard il va supporter la douleur et endurer les épisodes suivants.

crédit photo Mezzalama

 

Samedi 23 avril à 05h00 du matin nous sommes présents dans le village de Breuil-Cervinia, avec 900 autres participants à cette XXIème édition de la Mezzalama. Nous allons partir du centre ville à pied, skis attachés sur le sac, avec la musique martiale des Bersaglieri italiens en grande tenue, les commentaires experts de Sylvano Gadin et le parrainage de la championne de ski de fond Stéfania Belmondo.

 

5h30 c’est l’euphorie, nous nous élançons tous comme sur un 10km au plat, moyenne 14 km/h et pointe à 17,8 km/h sur 600m de distance avec notre équipement de skieurs-alpinistes. Nous avons répartis les charges collectives, Loïc porte la corde, Willy la pharmacie et moi le piolet. Dés que nous rejoignons la neige nous chaussons les skis dans la cohue et nous commençons la première ascension. https://youtu.be/Rp6E6xfdPtgUn incroyable feu d’artifice est tiré juste au-dessus de nos têtes et il éclaire notre chemin. Puis c’est l’effort qui débute vraiment, l’adrénaline baisse, le souffle s’amplifie, la concentration s’accentue. Nous gérons déjà un peu notre allure en raison de l’ampleur du parcours. Je compte rapidement les places et nous devons être en 15ème position environ.

 

La magie opère encore avec le sommet du Cervin sur notre gauche qui reçoit les premiers rayons du soleil aors que nous sommes encore dans la pénombre.

 

Loïc est devant, il donne la cadence et bien en ligne nous avançons pas dans pas. Après 1000m d+ nous mettons les skis sur le sac pour un premier portage sans crampons jusqu’au col de Théodule 300m d+ plus haut où se trouve le premier ravitaillement. Lors de la remise des skis je décide que nous allons nous encorder de suite pour ne pas avoir à le faire en même temps que toutes les autres équipes au col du Breithorn. Nous perdons un peu de temps dans cette manipulation où la corde ne veut pas sortir du sac de Loïc alors qu’à l’entraînement elle n’était pas récalcitrante !

L’altitude commence à se faire sentir et nous sommes maintenant au-dessus de 3300m, avec le passage à Plateau Rosa, puis direction le col du Breithorn à 3800m. Les spectateurs sont partout et dans une montée bien raide un d’eux va perdre un ski qui file droit sur moi. Je n’ai que le temps de l’éviter tout en ralentissant sa vitesse pour qu’il ne blesse personne en-dessous.

 

 

 

On atteint le col du Breithorn, mais au-lieu d’avoir gagné du temps en mettant la corde en avance, nous allons en fait en perdre beaucoup. Un contrôleur m’arrête et me dit que notre encordement n’est pas valable car les nœuds doivent être faits directement sur le baudrier et non pas sur des mousquetons comme nous l’avons fait. On saura plus tard que lors du briefing ce détail avait bien été mentionné et que nous ne l’avons pas entendu ou pas compris ? On se détache, on se rattache, on se réorganise, bref on perd des places ! Direction le Passo di Verra en descente encordée. Il commence à vraiment faire froid et j’ai les bouts de doigts très sensibles mais tout se passe bien et nous allons bon train.

 

CouvertureNouveau ravitaillement et surtout début de l’ascension du sommet du Castor. C’est grandiose, la pente est bien gelée sur la droite, la trace que nous allons prendre impressionante et nous partons vers le soleil. Mise des skis sur le sacs, la veste chaude est enfilée, les crampons aciers aux pieds, le regard fixé dans les traces nous avançons à la queue leu leu avec les équipes devant nous. Cette montée est longue de 400m d+ mais je ne la vois pas passer. On escalade les échelles de la rimaye puis on franchi la ligne de crête.

 

 

 

 

 

Direction le sommet sur l’arrête de neige parfaite, aérienne et étroite. Il fait un temps magnifique avec un vent froid mais qui a nettoyé la montagne de toute brume. Mon regard part à l’infini, j’ai envie de détailler tous les sommets qui sont à porté de vue mais lorsque je le fais trop longtemps je perds l’équilibre car nous avançons toujours vite. Je me résonne et je reviens à plus de concentration. La partie pédestre redescend jusqu’au col du Félik où nous chaussons les skis pour descendre au refuge Quintino Sella. Nous faisons cette partie prudemment sans aucune chute. Au refuge nous remettons les peaux avec beaucoup d’autres équipes pour repartir sur le glacier de Lys en direction du Lyskamm.

 

CouvertureLe souffle est court, l’altitude nous empêche d’avancer à notre vitesse habituelle de course et il faut se résigner à rester dans les traces sans pouvoir doubler les autres équipes. Cette longue traversée va durer 50 minutes jusqu’à la base du Naso du Lyskamm. Nouveau ravitaillement, remise des crampons et skis sur le sac, nous repartons pour une montée sévère et technique. Il faut fractionner souvent le passage de la longe de sécurité sur la corde fixe. Par endroit la glace est vive et quand il faut être en pointes avant les mollets deviennent vraiment durs.

 

CouvertureDans la dernière section je ressens vraiment le manque d’acclimatation à la haute montagne. Mes pas sont lents alors que musculairement je n’ai aucun soucis. Nous atteignons tous les trois ce dernier sommet de la course, puis c’est l’interminable descente sur Gressonney. Il faut utiliser toute la panoplie du déplacement en montagne pour cette partie. D’abord c’est la course à pied, puis remise des skis encordés. Une traversée en pas de patineur bien longue, descente facile sur de la bonne neige où nous allons quand même chuter une fois, puis de la neige trafolée avant de rejoindre le refuge Mantova où nous pouvons enlever la corde.

 

CouvertureNous partons maintenant librement et la vitesse augmente vite dans un premier temps, puis c’est le passage très technique du « Canal » avec de grosses bosses, peu d’espace et une belle pente.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il s’en suit un petit moment où on maudit les organisateurs qui nous font remonter en pas de patineur une longue section de 500m de distance et 40m d+. Nous poursuivons maintenant sur le domaine skiable jusqu’à ce que la neige disparaisse. Skis sur le sac nous partons à folles enjambées dans les prairies pour atteindre Gressonney. On se réorganise un peu juste avant le portique final et nous franchissons main dans la main cette ligne d’arrivée tant convoitée qui nous désigne « finishers » de la Mezzalama 2017 ! Nous nous congratulons chaleureusement, heureux du voyage que nous avons fait ensemble, heureux des paysages traversés, heureux de faire partie de cette grande fête du sport et heureux de vivre.

Nous échangeons quelques mots au micro de Sylvano Gadin, qui lui à fait la traversée de Cervinia à Gressoney en voiture et qui est frais comme un gardon, puis on s’étend avec plaisir sur la pelouse de l’aire d’arrivée avec les autres concurrents déjà arrivés.

 

 

 

 

Pour la petite histoire, nous sommes 27ème au classement scratch, mais c’est vraiment anecdotique, car ne pouvant jouer les premières places, la seule chose importante sur cet évènement, c’est d’avoir pris du plaisir dans le partage et en haute montagne.

Vive la Mezzalama, vive le ski-alpinisme et chapeau bas à tous les concurrent de cette belle édition  !!!

Crédits photos: Mezzalama, Skialper Jeantet et notre accompagnant.

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Published by ALAIN04850
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