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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 20:50

J'ai pas de mots ........................ DEGOUTE 

SmileyShocked.png  Le Passo della Presolana dans la Province de Bergame, accueillait cette année une manche de la Coupe du Monde de ski alpinisme. C'est cette course qui a été choisie par l'équipe de France militaire pour finaliser la sélection aux Jeux mondiaux militaires d'hiver "ANNECY 2013".

Je me présente sur cette compétition avec le mors aux dents et dans une très bonne forme physique. La qualification en tant que titulaire de l'équipe présente une équation assez simple, il faut que je termine la course devant Tanguy Roche. C'est donc mon seul objectif du week-end.

Le parcours proposé présente 4 montées de 500 - 700 - 400 - 277 et 20 m de D+, pour un total de près de 1900m et autant de descentes, le tout dans un panorama magnifique quasi dolomitique. Dès la veille, lors de la reconnaissance partielle, nous avons pu mesurer la problématique de l'exposition sud et de la chaleur qui va nous attendre. Je passe donc mon samedi à boire très régulièrement pour prévenir tout risque de crampes. 

GIU_9143-copia.jpgDimanche, notre course comptant pour la FISI Italienne, partira 10mn après les équipes de la coupe du monde. Dès le start nous partons à bloc sur profil d'abord très plat que Je n'affectionne pas. Je laisse partir la tête de course avec les meilleurs Italiens, mais aussi les membres de l'équipe militaire, Tony Sbalbi, Yann Gachet et Tanguy Roche. Au bout de 10mn ça y est, nous commençons la vraie montée. Petit à petit je reviens sur eux et je bascule dans la première descente aux basques de Tanguy. Au repautage il repart rapidement et je mets quelques mètres pour le recoller. Sur cette longue ascension de 700m j'enclenche le turbo et je distance Tanguy pour revenir sur Yann dans la dernière partie où un portage des skis va nous faire sortir d'un couloir. Ayant maintenant un peu d'avance, j'en profite pour boire et m'alimenter sérieusement, afin d'anticiper la chaleur qui va nous attendre sur la fin de l'épreuve. La descente qui suit est piègeuse, mais je m'en sors bien. Au repautage je ne vois plus Tanguy qui est maintenant distancé. Je réalise cette montée composée de nombreuses conversions suivies d'un portage des skis, en compagnie de Marco Bulanti, un très fort Italien. Nous occupons la 7ème et 8ème place du classement. Nous dépautons ensemble en haut d'un magnifique couloir. 2.jpgJe pars dans les talons de Marco et au premier ou deuxième virage je perds mon ski droit. Stupeur !!!    je vois mon ski filer droit, puis heureusement se mettre sur la tranche et s'arrêter en équilibre instable sur un bourrelet. Je me dis OUF !...     Je descends sur un ski dans la pente raide et récupère l'autre délicatement. Je vois alors que la butée avant de la fixation a été arrachée du ski. Je la cherche, je baisse alors les yeux sur mon pied droit et je la vois fixée au bout des inserts de ma chaussure. Catastrophe, la course est terminée ....   Je sais pas quoi faire, mais dans l'attente d'une solution je déchausse mon autre ski et file droit à pied dans la pente. 150m plus bas le trouve un Italien plaqué contre le rocher. Je lui demande de me passer un ski, mais il refuse vivement en me disant qu'il fait des images pour l'organisation. C'est à ce moment que Tanguy me dépasse. Mon moral baisse aussi vite que la vitesse à laquelle il s'éloigne dans la descente. Je continue mon errance dans cette pente et je rejoints enfin un groupe de spectateurs Italiens. Je leur demande de me prêter un ski pour finir la course et préserver mes chances d'être au moins sélectionné comme remplaçant. Rien à faire ils font la sourde oreille. J'insiste avec vigueur, puis me rappelant qu'il sont sans doute chrétiens, j'implore la madonne !!!!      Ca marche, un des Italiens accepte de me donner un ski. Je l'échange avec mon ski et la fixation arrachée et je chausse son ski. Seul problème il doit faire 4 pointures de moins que moi et je vais pas pouvoir mettre en position descente. Au point où j'en suis ce n'est pas grave et je reprends ma route. Alors que je commence à avancer, je me fais dépasser par Nicolas Estubier, un autre membre de l'équipe militaire. Je tente de le suivre, mais un, puis deux déséquilibres vers l'avant me font renoncer. Je préfère arriver entier. Au repautage de la 4ème montée, je me rends compte de la différence de poids entre les deux skis et dois m'employer un peu plus pour monter. J'arrive à stabiliser l'écart avec Nicolas. Plus haut j'aperçois Tanguy, mais la distance qui nous sépare et le peu d'itinéraire qu'il reste à parcourir me font comprendre définitivement que les carottes sont cuites. C'est le moral en berne que je fais cette montée. L'ultime descente se fait sans grosse frayeur malgré mon pied libre. Dans la dernière partie je suis rejoints par un concurrent de la ma catégorie d'âge. je fais un bon effort pour rester à son contact, notamment dans une longue partie en skating où il m'est pénible de forcer avec un ski attaché et l'autre pas. Peu avant l'arrivée j'arrive à le distancer de quelques mètres, je fais le dernier repautage rapidement et fini les 20 dermiers mètres de montée avant la ligne devant lui. Au final je prends la 21ème place au scratch et remporte quand même la catégorie Masters. 

Mais tout ça c'est de la littérature. En vérité je suis complètement dégouté, victime d'un coup du sort. J'avais mis toutes les chances de mon côté. Mon matériel était vérifié. J'ai acquis les skis et les fixations il y moins d'un mois juste pour cette course afin de ne pas avoir de soucis ! On appelle cela une injustice et non pas la loi du sport. J'étais plus fort mais je reste pourtant au pied de l'équipe titulaire. Certe je vais aller au Jeux avec la qualité de Capitaine d'équipe et premier remplaçant, mais ce n'est absolument pas la place que j'ambitionnais. J'ai misé toute ma saison sur cette compétition et à mon âge il est improbable que je puisse un jour y participer. Maintenant place au temps qui fera son oeuvre, au bon sens qui me dira de relativiser les choses, etc... Mais en réalité c'est la gorge nouée et le ressentiment qui restent les plus vivaces. Asinus obis veti !!!

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Published by ALAIN04850 - dans ski alpinisme
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doune 09/03/2013 10:24

Alors là... suis sur le cul ! c'est vraiment pas de chance ce qui t'es arrivé. Tu avais quel marque de fixation ? de ski ?

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